Only the paranoid survive

sanghuleeparanoid

Une rupture est une mutation de l’univers dans lequel évolue une entreprise, accompagnée d’une reformulation du jeu concurrentiel. Elle remet en cause la segmentation stratégique de cet univers. Andrew Grove, dans son ouvrage « Seuls les paranoïaques survivent », décrit celle-ci comme un point d’inflexion stratégique ou si vous voulez, sortir de sa zone de confort et la remettre en question.  Une stratégie de rupture repose sur la capacité à identifier et à interpréter rapidement ces bouleversements, à y prendre appui et à allouer ses ressources dans le but de transformer un champ concurrentiel pour y prendre une position dominante.

Si l’on parle de développement durable, deux comportements stratégiques dominants sont observables dans la manière dont les firmes actionnent une telle démarche : l’écodéfense et l’écosensibilité. L’éco-défensif se cantonne à respecter les normes en vigueur prenant le risque d’être dépassé par celles-ci. L’écosensible peut adopter une stratégie de rupture dans le secteur par une politique volontariste. L’objectif est de bouleverser les règles du secteur et de confiner les concurrents dans un rôle de suiveur en reconfigurant constamment les normes. Ces deux positionnements reposent sur des logiques distinctes en termes d’intégration du développement durable dans leur stratégie. En particulier, l’écosensible peut configurer le jeu à son avantage et induire chez ses concurrents des comportements mimétiques. En déplaçant ainsi les facteurs de succès, le « rupteur » maintient une avance sur ses rivaux.

Parce qu’elles s’appuient sur une vision différente de l’univers concurrentiel, les stratégies de rupture sont synonymes, pour l’entreprise, de position dominante et de croissance.