L’émergence récente des technologies numériques et des nouveaux médias  peut donner libre court à se poser la question sur la nature même de la subjectivité sociale et politique contemporaine, qui connait actuellement un changement d’une raison humaine individuelle vers une expression plus  collective.

À une culture moderne qui s’était construite jusqu’à ce jour de manière décontextualisée et idéologique, on voit succéder – même si la question demeure ouverte – une culture de plus en plus expérimentale. À travers deux aspects, la politique et l’art, la nature de la subjectivité contemporaine trouve ses points de saturations, de questionnement et de redéploiement.

Les technologies numériques suscitent de nouvelles vulnérabilités (comme celle de la fragilité des « réputations »), elles suggèrent de nouveaux usages, parfois agressifs ou intéressés, qui tendent à susciter ou exploiter les crises.  Elles provoquent des mises en scène et des dramatisations adaptées à une société qui se voudrait « sans risque ».

Le changement provoqué par les nouvelles technologies n’est pas seulement quantitatif, il est également d’ordre structurel. Ce n’est pas seulement la même chose à un autre rythme ou à une autre échelle. Les crises ne sont pas seulement sous cette loupe grossissante des médias, leur nature dépend d’un tout nouveau mode de circulation et de transmission et reflète la rencontre de nouvelles fragilités et d’une nouvelle complexité.

Notre époque est aussi fascinante que vertigineuse car l’alliage de la miniaturisation, du Web  et des télécommunications permettra certainement bien des prouesses plus agiles les unes des autres.  Cette époque résonne.  Il revient à nous de poser un regard lucide pour se défendre des utopies.

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