Versus

mars 12, 2008

Le monde des médias a évolué plus rapidement ces dix dernières années que les trois décennies précédentes.  Pour les médias traditionnels, L’enjeu est essentiel : prendre part à l’évolution technologique.

Il existe une forte corrélation entre innovation technologique et cette évolution du paysage médiatique. Mais ce ne sont pas toutes les innovations technologiques qui ont la même portée et encore moins la même valeur. Et la maturité de la technologie est un aspect fondamental de son décollage du tarmac.

Rares les domaines économiques, sociaux ou culturels qui se sont autant transformés en un quart de siècle, avec autant d’impact sur notre vie quotidienne.

Le terme d’information, qui dans les années 50 désignait principalement soit une nouvelle d’actualité, un renseignement ou un savoir parmi d’autres, est devenu une expression générique globale qui caractérise un système complexe érigé en « société ». L’évocation de cette « société de l’information » résume à elle seule les nouveaux défis d’un monde qui se métamorphose sous l’influence des nouveaux moyens de communication.

L’évolution numérique, la multiplicité des vecteurs d’images, de textes et de sons, l’interactivité, brisant ainsi la logique des médias traditionnels, ces « médias de masse » qui s’adressent à tous et auprès desquels nous sommes censés s’informer. Une toute nouvelle logique a fait son apparition, une de plus en plus personnalisés, individualisés qui tiennent compte des singularités et des préférences du consommateur.

Par contre, ces nouveaux médias ne remplacent pas les médias traditionnels, ils apportent plutôt des perspectives nouvelles de consommation de l’information qui vient compléter l’offre ancienne et donner au consommateur de médias un choix beaucoup plus vaste.

Beaucoup de sociologues des médias souhaitaient dans les années 70, une forme de « démocratisation » des médias. Ils espéraient un monde où les livres, les images, les sons serraient mis à la disposition de tous, comme un bien de consommation courant. Un univers où le « produit média » ne serait plus proposé à un public seulement passif mais qui pourrait être consommé de façon sur mesure, selon ses désirs, son style de vie, ses disponibilités.

On peut donc se poser la question à savoir si le développement des nouveaux médias ne va pas s’accompagner d’une concentration toujours plus grande des médias traditionnels. C’est bien à un phénomène de ce type qu’on avait assisté au moment de la « première bulle technologique », avec les  AOL-Time Warner ou Vivendi-Universal.

C’est avec la puissance des médias traditionnels qui leur donne l’opportunité de pouvoir s’investir afin de maintenir leur position dans ce nouveau paysage médiatique.

En revanche, ne pas savoir négocier à temps un virage technologique peut être un mur.  Si la presse écrite est à l’origine de la radio, elle s’en est désengagée trop tôt. Elle n’a pas su s’intéresser à la télévision.  Aujourd’hui, elle sait très bien qu’elle ne peut se permettre de passer à côté des télévisions locales (pour la presse régionale) et du Web.

La presse, la radio, la télévision peuvent ainsi voir avec le développement actuel du paysage des nouveaux médias un moyen de se diversifier et de trouver un second souffle.

Les quotidiens américains ont été les premiers à ouvrir une version Web. En France, le quotidien national Libération a ouvert la voie en 1995, suivi du journal Le Monde et des Echos.  Localement, La Presse, Le Devoir et Le Voir ont su également emboîter le pas.

Aujourd’hui, la version électronique du Wall Street Journal compte 500 000 abonnés.

Si nous parlons de nouveaux médias, de bouleversements, voire de révolution, il faut quand même rester sereins. Les médias traditionnels ont encore de beaux jours devant eux.

Mais l’émergence de nouvelles technologies dans le domaine des médias pose un certain nombre de questions qui vont au-delà de l’influence réelle de ces nouvelles formes de diffusion ou de consommation sur le quotidien.

Sachons donc nous poser ces questions et, en les posant, nous approfondirons notre compréhension des enjeux de la régulation des médias traditionnels, en constante adaptation, transformation.

Car celle-ci demeurera, pour aujourd’hui et pour longtemps encore, l’enjeu fondamental sur les plans de la politique, de l’économie et de la culture.

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