La philia est la forme sublimée du désir en tant que bien commun qui fonde le lien social, la civilité et toutes les formes de savoir-vivre. Le défi qui s’impose à nous – designers, créateurs, penseurs, artisans, producteurs – est de restaurer la philia, une adhésion à la société.
Une société de marché dévalue par nature toute valeur et ruine le sens de l’existence, très loin du destin collectif. Elle ruine la philia, ou si vous préférez le désir politique (pouvoir), l’espoir dans l’avenir.
Il faut donc réussir cette mutation, pour devenir un milieu “associé” symbolique : un milieu participatif, de coopération et de mutation du savoir, capable de renforcer les singularités pour soutenir cet effort d’intelligence collective requis pour ouvrir un avenir commun.
Sans oublier bien sûr de s’amuser…
Un commentaire
Je suis bien d’accord. Cependant le principal défi pour avancer vers une intelligence collective et le partage d’un avenir commun est de cerner un idéal, un sens, qui sera lui aussi commun. Pour se mobiliser nous avons besoin d’un idéal partagé à l’aune duquel nous pourrons nous construire, nous diriger. C’est justement le problème de la logique économique : elle n’a pas de sens, de signification humaine, hors du profit.
Ça me fait penser (à plus petite échelle et dans un registre moins éthéré…) à Wikipédia. Plusieurs croient que ce projet encyclopédique, basé sur le don et le bien commun, fonctionne parce qu’il a un idéal clair partagé par sa communauté de contributeur : un savoir de qualité accessible à tous.