Les blogues et les “nouveaux influenceurs”

La blogosphère est venue créer une rupture économique dans le domaine de l’édition, abaissant drastiquement les coûts reliés à la création de contenu (la plupart des bloggeurs de sont pas payés), la production de contenu (plateforme de diffusion gratuite) et le développement de la circulation (liens vers d’autres bloggeurs et vice-versa).  Ceci est venu créer une micro-segmentation des marchés de consommateurs qui n’était pas viable économiquement par le biais des modèles d’affaires traditionnels du domaine de l’édition et la montée des nouveaux influenceurs, qui sont plus près de ces marchés et qui sont du même coup en bien meilleur position d’influencer leurs intérêts spécifiques.  Comme l’auteur Paul Gillin le souligne dans son récent ouvrage sur les New Influencers, les publicitaires ont développé une fixation sur les gros influenceurs dans la seconde moitié du 20e siècle : journaux nationaux, réseaux de télévision et personnalités radios.  Actuellement, nous assistons à un retour du balancier et les publicitaires et décideurs marketing devront dorénavant accorder une attention aux bloggeurs/influenceurs.    

Le Wall Street Journal fait mention d’un bel exemple de cette tendance avec l’émergence des bloggeurs d’influence dans le secteur de la mode, qui sont maintenant de réguliers invités au Fashion Week.  L’article cite également l’exemple de Pamela Pekerman (Bagtrends) et l’influence qu’elle possède sur l’achat de sacs à mains ‘dernier cri’ par les consommateurs.   Un magazine ciblé et orienté sur les sacs à mains n’aurait pas été viable économiquement sur un support traditionnel, mais Bagtrends rejoint un marché de consommateurs ciblé, ce qui intéresse énormément les organisateurs du Fashion Week.  D’autres leaders d’opinions similaires, par leurs recommandations, influenceront la perception et les cycles économiques d’une marque.

ThreeMinds
, citant la règle du 1% du Guardian, a développé son propre modèle qui définit bien ce que sont les nouveaux influenceurs.  Ce modèle illustre bien le pouvoir qui est désormais entre les mains des bloggeurs à ce qu’il est maintenant convenu d’appeler les médias sociaux.  Qu’est-ce que la règle du 1%? Si vous prenez 100 personnes en ligne, une créera un contenu inédit, 10 interagiront avec (sous forme de commentaires, de critiques ou d’ajouts) et 89 autres en prendront connaissance. Les nouveaux influenceurs, du modèle de ThreemindsOrganic.com, sont donc les 11 personnes qui créent, commentent ou améliorent cette information générée par les utilisateurs. Ce sont ces gens qu’il faut surveiller dans un processus de relations publiques en ligne et de monitoring de son branding.

David Armano a très bien illustré les différents niveaux d’influence , par sphères d’influence et par vagues successives 

Enfin, ceci oblige en quelquesorte le relationniste / décideur marketing à développer de nouvelles aptitudes ainsi qu’une compréhension de la blogosphère.  En premier lieu, ils devront être en mesure d’identifier les nouveaux bloggeurs/influenceurs, en utilisant des outils tels que Alexa ou Technorati, et les traiter de plus en plus comme des influenceurs au même titre que les analystes et les journalistes.  Cependant, ceci peut s’avérer plus difficile à faire que dans le cas des influenceurs traditionnels car les niveaux d’influence des blogues peuvent fluctuer vers n’importe quelle direction très rapidement.  Par exemple, lorsqu’un bloggeur cesse d’émettre des commentaires ou lorsqu’un nouveau blogue émerge et acquière un momentum immédiat, il faut être en constance veille de la blogosphère afin de détecter les nouvelles tendances émergentes.  Les relationnistes et publicitaires devront dorénavant développer des relations avec ces bloggeurs en les invitants aux événements relationnels traditionnels, en leur donnant accès aux produits des marques ou en étant activement et régulièrement en discussions avec eux.

 

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