Brain of J

mai 9, 2008

“People have always wondered about consciousness. It is indeed a deep mystery. But it has not been a major topic in neuroscience (…) Consciousness, as Freud said, is the tip of the iceberg. Important aspects of self & personnality, our emotions and motivations, and even aspects of our memory, operate outside awareness. Solving consciousness would be a great scientific feat - perhaps one of the greatest - but would not cure mental disorders, and would not explain who we are, why we are that way, and why we do what we do.

Far beyond consciousness to the depths of our unconscious brain, our mundane activities are carried out alongside our goals and dreams.” Joseph LeDoux

SEED magazine, p.32, avril 08

Indecent Exposure

mai 1, 2008

Le monde des réseaux sociaux sur le Web est quasi homogène : les usagers s’engagent à l’exhibition.  La création et la consommation d’images et de d’autres détails intimes de sa propre vie ou sur celle des autres est la principale activité.  Ce monde ne se retient pas : il n’y a que la révélation.  Examinez rapidement un profil et vous en saurez plus en un instant sur une potentielle connaissance que vous n’en auriez appris en un mois sur un ami.  Comme le relatait récemment un étudiant dans le The New York Times Magazine : “On peut tomber sur des gens lors d’une fête, et regarder ensuite sur Facebook quels sont leurs intérêts (…) Tout le monde se donne beaucoup de mal à se décrire, c’est comme une incarnation de ta personnalité”.

Il semble donc qu’en plongeant dans ces sites sociaux, beaucoup d’entre nous aient renoncé à l’un des charmes supposés du Web : l’anonymat.  Comme le note Michael Kinsley dans Slate, afin de “reprendre leurs droits d’individus uniques”, les utilisateurs énumèrent leurs informations personnelles: “voici qui sont mes amis, voici tout la musique que j’aime, une photo de mon chien…”.  Michael Kinsley ne s’en étonne pas : il juge ces sites comme de “vastes célébrations du solipsisme”, la vue philosophique que seulement l’individu existe ou peut être connu pour exister…  Les membres des réseaux, notamment les jeunes, sont pour la plupart du temps naïfs ou mal informés sur la quantité d’information qu’ils rendent publiques. “On ne peut que s’émerveiller devant la quantité, la précision, et la nature des informations personnelles que certains utilisateurs fournissent, et réfléchir à la qualité de renseignement que peut atteindre cet échange d’informations”, écrivaient en 2006 les chercheurs Alessandro Acquisti et Ralph Gross.

Lors d’une enquête par les deux chercheurs sur les utilisateurs de Facebook dans leur université, ils “ne détectèrent que peu ou pas du tout de relation entre les exigences déclarées et les comportements probables de protection de la vie privée des participants” à propos de la mise en ligne d’informations personnelles.  Même parmi les étudiants qui - dans l’enquête - déclaraient être les plus inquiets du caractère privé de leur vie – ceux qui s’alarmaient du “scénario selon lequel un étranger puisse connaître leur emploi du temps et savoir où ils habitent” - environ 40% publient leur emploi du temps sur Facebook, 22% leur adresse civique et près de 16%, les deux.

Il suffit simplement d’aller marcher quelques minutes (je vous recommande personnellement une heure par jour) pour s’apercevoir à quel point les déplacements accélèrent la circulation des pensées.

Pour réfléchir, méditer, imaginer des solutions ou prendre une décision, rien de tel qu’une petite déambulation. En solitaire ou accompagné puisque la marche favorise autant la réflexion personnelle que les échanges et la discussion…

à lire par ici

Rockers Hi-Fi

avril 13, 2008

Myspace, Facebook et autres Friendster… l’émergence et l’explosion de ces réseaux sociaux posent des questions profondes sur les rapports humains et le statut narcissique numérique.

L’objectif premier de ces réseaux consiste à se “faire des contacts”, basé sur un “cercle d’amis”. Ces réseaux redéfinissent les liens d’amitié entre les contacts liés, véritable mine d’or pour les spammers, les publicitaires, mais également les politiciens. Ils relient les gens d’une manière inédite et permettent à chacun d’exhiber son individualité : intérêts musicaux, amis, photos, films, images…

Cette explosion des réseaux à contacts est un clin d’oeil à la théorie des degrés de séparation, élaborée par Stanley Milgram, selon laquelle deux personnes choisis au hasard peuvent être reliée en utilisant en moyenne 5,5 intermédiaires. La théorie a été fortement remise en question depuis mais fait partie de la culture populaire. Mais quelle est la nature cohérente de ces intermédiaires ? Le sociologue Mark Granovetter indique que les relations les plus distantes sont souvent plus utiles.

La nature des relations “digitales” et la perception que l’on a de ces amis virtuels, ces multiples contacts qu’on noue sur les sites de réseaux sociaux mérite qu’on se questionne longuement. Les relations gagnent en quantité ce qu’elles perdent en qualité. Le fonctionnement de ces sites pousse également à une véritable course au contact. On cherche le statut, la reconnaissance, notamment par le nombre d’amis.

Malgré cette apparente explosion des individualités on y voit surtout une monotonie dans l’exhibition : pour être vu de façon exponentielle, il faut faire dans la surenchère. D’autant que les comportements de groupe sont assez prévisibles : plus une page est cliquée, plus elle attire le clic futur. Quitte à renoncer à l’anonymat, jusque là marque des pionniers dans l’utilisation du web. Les problèmes liés au manque de protection de la vie privée commencent à émerger, notamment dans le domaine professionnel.

On assiste, finalement, à une forme d’appauvrissement de l’intelligence émotionnelle. Même si les utilisateurs ne confondent pas leurs amis et les contacts qu’ils peuvent se faire sur MySpace ou Facebook, les nouveaux comportements des utilisateurs de sites de réseau a de quoi faire réfléchir les chercheurs. La connexion constante, le désinvestissement dans la sphère réelle voire le désintérêt progressif pour les affaires de la “vie réelle” viennent non pas de l’utilisation mais, comme toujours, des abus.

Status Seeker

avril 7, 2008

Il serait indécent de signifier que les gens ne savent pas faire la différence entre les amis de leurs réseaux virtuels et les amis qu’ils fréquentent physiquement dans la vraie vie. L’utilisation du mot “ami” sur ces sites est détourné, et il est fort probable que personne ne confonde ses centaines d’amis sur MySpace ou Facebook avec de vraies relations.

Cette impulsion de collection est synonyme d’un autre besoin profond et pressant : le besoin de statut. À la différence des portraits peints que les membres de la classe moyenne d’autrefois chargeaient de signifier leur position d’élite lorsqu’ils grimpaient les échelons, les sites de réseaux nous permettent de créer du statut – et non seulement de le commémorer une fois acquis. C’est pourquoi la plupart des profils de vedettes sur MySpace sont faux, souvent créés par des fans : les célébrités n’ont pas besoin de 800 amis pour prouver leur importance. C’est le reste de la population, en quête d’une célébrité paroissiale, qui en a besoin.  Warhol l’avait bien prédit…

Mais cette quête de statut a un incontournable partenaire: l’angoisse. L’entretien de son statut sur MySpace ou Facebook demande une vigilance permanente. Comme l’écrivait un jeune de 24 ans dans le New York Times : “je suis obsédé par les témoignages et j’en réclame constamment. C’est la monnaie sociale ultime : les déclarations publiques d’une relation intime… Chaque profil est une campagne média soigneusement montée”.

Ces sites sociaux ont été réfléchis pour ceci. Décrivant le travail de B.J. Fogg de l’université de Stanford, qui étudie les “stratégies de persuasion” utilisées par les sites sociaux pour encourager la participation, The New Scientist explique : “le secret est de lier l’acquisition d’amis, de compliments et de statut – des gâteries pour lesquelles les humains travaillent dur- aux activités qui mettent en valeur le site”. Comme le racontait Fogg au magazine, “vous offrez aux gens un contexte où acquérir un statut, et ils vont travailler pour ce statut”.

Le théoricien des réseaux Albert-László Barabási note que les connections en ligne suivent la règle de “l’attachement préférentiel”, c’est-à-dire que “si l’on prend deux profils, dont l’une a deux fois plus de liens que l’autre, à peu près deux fois plus de gens choisiront de se relier à la page la plus connectée”. Résultat, “alors que nos choix individuels sont très imprévisibles, en tant que groupe nous suivons des figures strictes”. En poursuivant comme des lemmings le statut en ligne via la collection de centaines d’ “amis”, nous respectons clairement cette règle.

Que signifie donc finalement ce désir de statut en ligne pour la communauté et l’amitié ? En écrivant dans les années 1980 les Habitudes du cœur, le sociologiste Robert Bellah et ses collègues montrèrent le passage des communautés traditionnelles, tricotées localement, à des “enclaves de style de vie” largement définies par “les loisirs et la consommation”.

Peut-être aujourd’hui avons-nous migrés au-delà même de ces enclaves de style de vie vers des “enclaves de personnalité” - des lieux virtuelles isolées au sein desquelles nous pouvons devenir des personnages différents (et parfois contradictoires), avec des groupes différents d’amis alter-ego souvent intermittents.

Robert ne veut pas lire

avril 3, 2008

Robert ne veut pas lire n’est pas une nouvelle maison d’édition, mais plutôt une nouvelle façon de vivre la littérature en la diffusant électroniquement sur vos nouveaux gadgets. Nous lisons déjà une grande partie de nos informations quotidiennes sur écran. Nous pouvons aussi lire des romans sur écran, avec l’habitude. Les écrans plats et les techniques d’affichage par cristaux procurent un confort de lecture encore plus grand.

Robert ne veut pas lire
a de bons textes, de bons auteurs. Ils ont carte blanche. Nous leur demandons toutefois du tempérament, du caractère. Ils sont choisis parce qu’ils savent éviter les banalités, parce qu’ils portent en eux une multitude de sujets et parce qu’ils se surprennent et nous surprennent. Avec eux, c’est le retour du feuilleton, le triomphe de la chute.

Le support numérique ne va pas seulement changer le monde des lecteurs : il va changer celui des écrivains. Il va changer celui des éditeurs. Comme ces nouveaux standards numériques qui bouleversent actuellement la distribution et l’écoute de la musique. «Catch me if you can » devrait scander Thom Yorke. Cela sera sans doute aussi le cas à court terme de l’édition du livre. Notre manière de lire ne sera plus la même et l’auteur va se rapprocher de son lecteur.

L’éditeur quant à lui ne sera plus qu’un simple passeur discret, un aiguilleur de textes exempts d’esprit mercantile… chose que Robert déteste.

Relations humaines

mars 31, 2008

La prétendue règle de 150, aussi appelé nombre de Dunbar, soutient que la taille d’un réseau social originel est limité à environ 150 membres. Cette règle résulte des études trans-culturelles en sociologie et plus spécifiquement en anthropologie sur la taille maximale d’un village (au sens plutôt entendu d’écovillage).

Il est théorisé en psychologie évolutionniste que ce nombre peut être dû à une certaine limite humaine à reconnaitre les membres et à capter les faits émotionnels concernant tous les membres d’un groupe. Cependant, cela peut aussi être dû à l’économie et la nécessité de déceler les passagers clandestins, comme il peut être plus facile pour un individu vivant dans un large groupe de prendre avantage des bénéfices de vivre en communauté sans contribuer soi-même à ces bénéfices communs.

La théorie de la diffusion des innovations quant à elle explore les réseaux sociaux et leur rôle pour influencer la diffusion de nouvelles idées et pratiques.

Source : Wikipédia

LAB identity

mars 26, 2008

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L’émergence récente des technologies numériques et des nouveaux médias  peut donner libre court à se poser la question sur la nature même de la subjectivité sociale et politique contemporaine, qui connait actuellement un changement d’une raison humaine individuelle vers une expression plus  collective.

À une culture moderne qui s’était construite jusqu’à ce jour de manière décontextualisée et idéologique, on voit succéder – même si la question demeure ouverte – une culture de plus en plus expérimentale. À travers deux aspects, la politique et l’art, la nature de la subjectivité contemporaine trouve ses points de saturations, de questionnement et de redéploiement.

Les technologies numériques suscitent de nouvelles vulnérabilités (comme celle de la fragilité des « réputations »), elles suggèrent de nouveaux usages, parfois agressifs ou intéressés, qui tendent à susciter ou exploiter les crises.  Elles provoquent des mises en scène et des dramatisations adaptées à une société qui se voudrait « sans risque ».

Le changement provoqué par les nouvelles technologies n’est pas seulement quantitatif, il est également d’ordre structurel. Ce n’est pas seulement la même chose à un autre rythme ou à une autre échelle. Les crises ne sont pas seulement sous cette loupe grossissante des médias, leur nature dépend d’un tout nouveau mode de circulation et de transmission et reflète la rencontre de nouvelles fragilités et d’une nouvelle complexité.

Notre époque est aussi fascinante que vertigineuse car l’alliage de la miniaturisation, du Web  et des télécommunications permettra certainement bien des prouesses plus agiles les unes des autres.  Cette époque résonne.  Il revient à nous de poser un regard lucide pour se défendre des utopies.

Versus

mars 12, 2008

Le monde des médias a évolué plus rapidement ces dix dernières années que les trois décennies précédentes.  Pour les médias traditionnels, L’enjeu est essentiel : prendre part à l’évolution technologique.

Il existe une forte corrélation entre innovation technologique et cette évolution du paysage médiatique. Mais ce ne sont pas toutes les innovations technologiques qui ont la même portée et encore moins la même valeur. Et la maturité de la technologie est un aspect fondamental de son décollage du tarmac.

Rares les domaines économiques, sociaux ou culturels qui se sont autant transformés en un quart de siècle, avec autant d’impact sur notre vie quotidienne.

Le terme d’information, qui dans les années 50 désignait principalement soit une nouvelle d’actualité, un renseignement ou un savoir parmi d’autres, est devenu une expression générique globale qui caractérise un système complexe érigé en « société ». L’évocation de cette « société de l’information » résume à elle seule les nouveaux défis d’un monde qui se métamorphose sous l’influence des nouveaux moyens de communication.

L’évolution numérique, la multiplicité des vecteurs d’images, de textes et de sons, l’interactivité, brisant ainsi la logique des médias traditionnels, ces « médias de masse » qui s’adressent à tous et auprès desquels nous sommes censés s’informer. Une toute nouvelle logique a fait son apparition, une de plus en plus personnalisés, individualisés qui tiennent compte des singularités et des préférences du consommateur.

Par contre, ces nouveaux médias ne remplacent pas les médias traditionnels, ils apportent plutôt des perspectives nouvelles de consommation de l’information qui vient compléter l’offre ancienne et donner au consommateur de médias un choix beaucoup plus vaste.

Beaucoup de sociologues des médias souhaitaient dans les années 70, une forme de « démocratisation » des médias. Ils espéraient un monde où les livres, les images, les sons serraient mis à la disposition de tous, comme un bien de consommation courant. Un univers où le « produit média » ne serait plus proposé à un public seulement passif mais qui pourrait être consommé de façon sur mesure, selon ses désirs, son style de vie, ses disponibilités.

On peut donc se poser la question à savoir si le développement des nouveaux médias ne va pas s’accompagner d’une concentration toujours plus grande des médias traditionnels. C’est bien à un phénomène de ce type qu’on avait assisté au moment de la « première bulle technologique », avec les  AOL-Time Warner ou Vivendi-Universal.

C’est avec la puissance des médias traditionnels qui leur donne l’opportunité de pouvoir s’investir afin de maintenir leur position dans ce nouveau paysage médiatique.

En revanche, ne pas savoir négocier à temps un virage technologique peut être un mur.  Si la presse écrite est à l’origine de la radio, elle s’en est désengagée trop tôt. Elle n’a pas su s’intéresser à la télévision.  Aujourd’hui, elle sait très bien qu’elle ne peut se permettre de passer à côté des télévisions locales (pour la presse régionale) et du Web.

La presse, la radio, la télévision peuvent ainsi voir avec le développement actuel du paysage des nouveaux médias un moyen de se diversifier et de trouver un second souffle.

Les quotidiens américains ont été les premiers à ouvrir une version Web. En France, le quotidien national Libération a ouvert la voie en 1995, suivi du journal Le Monde et des Echos.  Localement, La Presse, Le Devoir et Le Voir ont su également emboîter le pas.

Aujourd’hui, la version électronique du Wall Street Journal compte 500 000 abonnés.

Si nous parlons de nouveaux médias, de bouleversements, voire de révolution, il faut quand même rester sereins. Les médias traditionnels ont encore de beaux jours devant eux.

Mais l’émergence de nouvelles technologies dans le domaine des médias pose un certain nombre de questions qui vont au-delà de l’influence réelle de ces nouvelles formes de diffusion ou de consommation sur le quotidien.

Sachons donc nous poser ces questions et, en les posant, nous approfondirons notre compréhension des enjeux de la régulation des médias traditionnels, en constante adaptation, transformation.

Car celle-ci demeurera, pour aujourd’hui et pour longtemps encore, l’enjeu fondamental sur les plans de la politique, de l’économie et de la culture.